29 septembre 2017

Petit (non) bilan de l’année passée

Parfois je me sens tellement dépassée par la situation que j’ai juste envie de rentrer me coucher. De me foutre sous la couette, de plus jamais sortir, de plus jamais avoir à gérer autre chose que moi-même, de ne plus jamais entrer en contact avec le monde. Parfois j’ai l’impression de recevoir trop d’infos, de sollicitations, de demandes et je tombe de fatigue au milieu de la journée comme ça, pour rien.

Et ça me dépasse d’autant plus, de ne pas saisir pourquoi je suis crevée comme ça, pourquoi parfois tout est un effort, pourquoi la vie est plus compliquée qu’elle ne le devrait de temps en temps.

Parfois, dans ces moments là, je commence à paniquer en me disant que ça n’ira jamais mieux. Que le fantôme de la dépression me guette à nouveau tranquillement, qu’il attend que je lâche du mou pour me fondre dessus, alors même si je suis KO je continue, parce que j’ai peur de lâcher prise, parce qu’à part ça, je n’ai pas d’explications au fait que je sois au bout du rouleau sans raison …

Et à ce moment-là, y’a toujours quelqu’un pour me rappeler qu’en fait si. Y’a une raison. Et qu’en fait y’a une autre explication que la dépression chronique, dramatique et inéluctable. Et à cet instant la, ou une âme bienveillante me demande de regarder en arrière, pour faire le bilan. Ça donne ça :

 

Il y a presque un an jour pour jour je me suis fait piétiner le cœur, l’espoir, la confiance, l’innocence, les projets et les convictions en une journée. D’un seul coup. Par la personne que j’aimais à ce moment-là le plus au monde, à qui je faisais confiance, à qui j’avais tout confié. Qui connaissait mes doutes, mes peurs, mes cicatrices, mes parcours. Parce que je pensais vraiment que c’était le bon, que c’était lui, et que le fait de m’ouvrir à ce point, ça me liait à lui de cette façon un peu indescriptible qu’on essaye de comprendre quand on est amoureux. Je pensais inconsciemment que tout lui dire, c’était notre pacte pour rester ensemble à vie, aussi débile que cela puisse paraitre je m’en rends compte aujourd’hui. Et puis il est parti. Salement. Plutôt même très salement. Il a trainé dans la boue le souvenir de 3 années en enchainant les coups bas et les manques de respect. Il y a un an presque jour pour jour. Y’a tout ce qui faisait de moi, moi qui est tombé. Enfin, tout ce que je pensais qui me définissait. J’ai mis du temps, à comprendre l’étendue de ce qui avait été brisé ce jour-là. C’était pas juste un chagrin d’amour. C’était un chagrin de vie. C’était plus grand que lui, parce que vraiment lui, il ne mérite pas autant d’attention et de remise en question. Non, c’était bien plus que ça, et c’est un peu ce qui fait de moi, moi, aujourd’hui. Ce n’est pas juste que j’ai dû apprendre à l’oublier. C’est que j’ai dû apprendre à me souvenir de moi, recommencer à vivre avec moi, a un moment où j’avais oublié qui j’étais.

Parce que c’est un peu la joie des relations toxiques, que d’oublier qui nous sommes, pour ne jamais en sortir. C’est lui qui est parti finalement, et un an après, je pense que son départ est le meilleur truc qui ne me sois jamais arrivé. C’est pas simple de faire le bilan d’un an de vie quand il a été aussi rempli que celui que j’ai vécu. En vrai j’ai rien fait, je suis toujours dans le même appart, dans le même boulot, avec a peut près les mêmes amis. Avec un nouvel ami, un nouveau soutient formidable dans ma vie surtout, qui me montre doucement l’amour d’une autre façon. Avec tout ce que ça implique de génial et de flippant. Mais en vrai en un an, il s’est passé tellement beaucoup plus que ça. J’ai mis à peine plus d’un mois, à arrêter d’aimer l’image qu’il me restait de lui. Quelques semaines à me rendre compte de tout ce qui n’allait pas. Et à ce moment-là toujours, je ne me rendais pas compte de tout ce qui avait été foutu en l’air…

Foutu en l’air ou rénové, je ne sais pas trop. Je crois que j’aurai pu faire semblant à ce moment-là. Rester dans mes vieux systèmes, côtoyer mes vieux démons, ne pas sortir davantage de ma zone de confort et recommencer, bancale et sure de moi. J’aurai pu, mais en fait je n’ai pas eu le choix. Il y avait tellement plus rien qui tenait droit, et ça faisait tellement mal tout ça, que je pouvais mêmes plus, mettre de la peinture sur le papier peint et continuer. Je pouvais même plus prétendre que je n’avais pas changé, que ça allait, que je gérais.

Et pourtant, j’ai gérer. Je n’ai jamais été toute seule, et pourtant j’ai été ma meilleure pote pendant 1 an. Parce que malgré moi j’ai été tellement égocentrée que je n’arrivais pas à voir les autres autant que je le voulais, autant que d’habitude, autant qu’avant. Parce que les histoires de vies de n’importe qui trouvait un écho dans la mienne. Et venait résonner bizarrement dans l’immensité de doutes que j’étais devenue.

C’est dur d’oublier qui l’on est. Et c’est encore plus dur à expliquer parce que ça semble irréel. Et pourtant. J’ai passé des mois à douter de tout et de moi. A me demander si vraiment je voulais chaque action que j’étais en train de faire. A me demander si vraiment, je voulais envoyer ce message, pleurer pour cette raison, ou pour une autre au fond que je ma cache à moi-même ? Est-ce que vraiment c’est lui qui m’énerve ? ou bien c’est moi ? ou bien c’est ma vieille réaction a de vieux systèmes qui n’ont plus lieu d’être aujourd’hui, comme des souvenirs jaunis du temps qui passe… Est-ce que vraiment, ces gens acquis sont acquis ? Et sont-ils aussi importants que je le prétends, le voudrai, le permet ? Est-ce que vraiment, je veux me confier sur ça ? ou pas ? Est-ce que je veux ? Et si je ne veux pas, est ce que je me protège ? Ou est-ce que je me définis, juste…

Voilà en gros c’était ça, pendant des mois, des mois ou en plus de ça, en plus de moi, j’ai dû construire un nous a deux. Avec un mec merveilleux aussi sur la réserve que moi. Ça nous est un peu tomber dessus comme ça, quand je lui ai dit que je n’étais pas prête mais que j’avais envie d’être avec lui, il a dit ok. Et je crois que ni lui ni moi on n’avait conscience à quel point j’allais ramer à ce moment-là. Je dis toujours à chaque rupture que le prochain ramera, mais en vrai la personne qui rame le plus, c’est moi. Après j’ai arrêté, un peu grâce à lui, beaucoup grâce à moi, de tout questionner comme ça. Parce que ça faisait déjà presque 6 mois que j’étais en train de (re)devenir moi. Et que fallait que j’apprenne à m’affirmer, à me définir et à me comprendre. Alors j’ai affirmé des trucs. Non sans me les être expliquer 10 fois de suite avant, et me les être fait confirmer par a peu prêt le monde entier. Non parce qu’en fait, il s’est passe ça, et moi du coup j’ai ressenti ça… tu valides ou pas ? Oui j’en étais là. Vraiment. J’étais cassée. A ce point-là.

J’ai appris à vivre avec mon hypersensibilité, aussi, parce qu’à force d’être paumée, la tentation de tout rationaliser n’était plutôt pas mal assez grande. Mais moi je suis pas faite comme ça, la rationalisation, je ne peux pas. Alors j’ai appris à danser, malgré ça, et avec ça aujourd’hui, mais ça n’a pas été la partie la plus fun de l’année. Loin de là. D’ailleurs en fait y’a pas grand-chose qui ai été fun, quand on parle de remise d’en question et de développement personnel. Je crois que sans dramatiser, ça serai cool que j’admette que quand même, j’ai morfler. Mais ça valait le coup quand même, voilà.

Ça valait le coup, de douter de tout, de chercher des réponses partout, chez tout le monde et dans toutes les situations. Je me suis identifiée, comparée, interrogée, beaucoup plus pendant ces 5 mois-là que pendant une vie entière je crois. Je crois que c’est aussi là que j’ai vu la montagne. Celle qui avait été déplacée en Septembre dernier. Celle qui j’avais pas vu, sur le coup. Et j’ai flipper. Parce que je me suis bien dit que j’y arriverai jamais, que personne n’aurai la force de faire ça, surtout pas moi. Que j’étais trop en vrac que j’avais trop de truc à gérer, que je ne savais même pas me lever le matin un jour sur deux et que BAM comme ça d’un coup il fallait que je regagne confiance en moi… et dans les autres… C’est une connerie la confiance en soi, je veux dire, pas douter de ses capacités, non le niveau au-dessus, douter de soi, en tant qu’être humain entier. Se demander si nos sentiments sont les bons, si nos décisions sont les nôtres, se demander si ce qu’on a envie de partager vaux le coup, ou non, si on a besoin de le sortir ou plutôt besoin d’être entendu juste… Si on aime, ou si on a envie d’être aimé. Et si l’amour c’est ce qu’on a toujours cru, ou si c’est mieux encore, ou juste diffèrent. En fait c’est quoi ? Est ce qu’on n’a jamais aimé vraiment ? Oui… Oui mais mal, et aimer bien, ça se fait comment ? Et bien, ça veut dire quoi au juste vraiment ?

C’est une connerie parce que y’a pas de réponse a des questions comme ça, tant qu’on n’a pas oser se les poser à soi-même. Mais pour ça, ben faut se faire confiance, a nous-même, en nos réponses à nous. Alors qu’on ne se croit pas. Du tout. Parce que je me suis déjà planter magistralement une fois. Parce que j’ai cru au prince charmant alors que c’était un illusionniste. Comment est-ce que je peux encore, me faire confiance à moi… Apres tout ça. Alors voilà c’est une connerie. Parce que ça demande un putain de courage au moment où on en a plus. Le courage quand on est victorieux ça va, quand on sort d’une victoire, on est courageux on est confiant on va plus. Quand on vient de se faire laminer la gueule a coup de bulldozer. Etre courageux… c’est du délire total. Et pourtant la vie est ainsi est ainsi faite qu’en fait quand on n’a pas le choix, on y va.

J’ai pas choisi de retomber amoureuse après ça. Et si j’avais eu le choix, je l’aurai pas fait. Mais l’amour au fond, c’est toujours le truc qui m’a porté et qui m’a défini et je n’aurai laissé rien ni personne m’enlever ça. Alors oui cette année, c’est le seul truc qui m’a porté. L’amour. Paradoxalement. L’amour de mes potes et mon amour pour eux. Et puis mon amour pour lui. Et ce moment débile ou te dis : Je suis en vrac et je vais être vulnérable, même si je risque de manger le bitume, parce que si je ne le suis pas maintenant, alors je risque de le regretter toute ma vie.

Et ce moment ou ton corps et ta tête réunis te demandent de foutre le camp. Ou tu perds 5 kilos en 4 mois. Ou t’arrives plus à dormir ni à ne te détendre ni à rien. Et où tu continues quand même parce que ton cœur te dit que c’est le bon chemin, parce que quand tu es avec lui, ça va, ça résous tout l’espace de quelques heures, de quelques jours. Parce qu’au fond même si tu flippes tellement que tu inventes des scenarios catastrophe, au final les réactions qu’il a sont quand même toujours les bonnes, et que même ça, a fout en l’air de vieux systèmes, ça perturbe ta zone de confort, et ça te fait paniquer.

Voilà, c’est ça la vulnérabilité en vrai, et la force, et l’amour.

C’est pas toujours simple et rose et brillant. C’est pas toujours évident. Parfois j’ai eu l’impression de devenir schizophrène, souvent j’ai eu l’impression de me planter, de me voiler la face, de m’illusionner. Et je sais aujourd’hui que non. Parce que si ce n’était pas de l’amour, ce que je ressens pour lui, je ne me serai pas infligée ça, jamais, ni pour lui ni pour personne. Je me suis infligée ce tourbillon de vulnérabilité et de peur. Je me suis forcée le courage au moment où j’en étais le moins capable. Pour moi avant tout. Parce que je savais, profondément, qu’il valait, et qu’il vaut vraiment le coup.

Et donc aujourd’hui j’en suis là. J’ai réussi à arrêter de me remettre en question quand ce n’était pas nécessaire. Et j’apprends à me faire confiance, a moi. A ne pas rationaliser mes émotions et à croire en ce que je ressens sur l’instant, vraiment. Ça m’a aidé tout ça, parce qu’aujourd’hui je comprends mes émotions mieux que jamais, parce que je sais pourquoi je veux ce que je veux. Parce que je sais ce que je vaux aussi, à travers les tempêtes et les douleurs, je sais sur qui je peux compter et je sais que je peux me relever.

Ça m’a aidé, parce qu’aujourd’hui je sais, que la vraie force c’est le courage d’être vulnérable. Aujourd’hui ça va. J’arrive à me lever le matin, j’arrive à être fière de moi parfois quand je me croise dans le miroir. Alors je sais que j’arriverai à faire tout le reste. A franchir toutes les étapes que j’aurai besoin de franchir, même celles que je n’aurai pas envie d’affronter, quand j’aurai pas le choix.

Voilà, c’est un peu ça reprendre confiance en soi. C’est savoir qu’on va continuer de galérer mais qu’on peut endurer quand même, et qu’on endurera. Mais avant ça je vais dormir un éternité ou deux, et on verra après le programme que la vie a écrit pour moi pour me faire avancer.

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